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¿ Que tal guey ?

¿ Que tal guey ?

Petit suivi de mon année au Mexique

La Havane

Désolé pour cette absence de plus d'un mois, j'avais pas mal de travail, mais je reprends mon récit là où j'en étais rendu, c'est-à-dire au 7 janvier, date de notre départ à Cuba. On est arrivés à l'aéroport de La Havane le soir, et un taxi nous attendait pour nous amener à notre première casa particular. Outre l'accent incompréhensible des Cubains, la première chose qui m'a frappé est l'impression d'avoir fait un saut de 20 ans voire plus dans le temps. L'aéroport est très simple et assez vétuste, avec des structures métalliques rouges qui semblent dater d'un autre siècle. Les routes sont défoncées, mais le plus impressionnant, ce sont les voitures. Les 3/4 d'entre elles, si ce n'est plus, sont des modèles américains des années 60 que les Cubains retapent depuis des années, mais qui font un bruit d'enfer, sont très inconfortables, et rejettent énormément de pollution. Comme il fait très chaud, ils roulent la fenêtre ouverte, et on respire inévitablement les gaz qui s'en échappent, ce qui est assez insupportable à la longue. 

Comme le pays est encore énormément contrôlé, il y a deux options pour se loger : les hôtels, ou les casas particulares. Ces dernières sont des maisons ou appartements, habitées par des Cubains et recensées par l'Etat, qui peuvent accueillir des touristes, moyennant une taxe (impossible d'en savoir la valeur). Nous avons opté pour la deuxième solution, à la fois moins chère et plus typique, puisque nous avons pu nous immerger davantage en habitant chez des Cubains pendant une semaine. La nuit coûte environ 15-20 euros, et il y a possibilité de dîner dans la casa, pour 10 euros supplémentaires (ce qui est une bonne affaire, vu la quantité incroyable de nourriture qu'ils servent...). Une autre particularité de Cuba est qu'il existe deux monnaies : le CUC, réservé uniquement aux touristes et indexé exactement sur le dollar américain, et le peso local, utilisé seulement par les Cubains. Le CUC est environ 20 fois supérieur au peso local, et cela fait que la vie à Cuba pour un touriste est assez chère, en tout cas bien plus qu'au Mexique. 

La population cubaine est incroyablement diverse : des blancs de type européen, des noirs, des métisses. Il n'y a aucun communautarisme, on peut voir un noir de 8 ans parler avec un blanc de 80 ans. Apparemment, les Cubains ont besoin d'un permis pour pouvoir parler aux touristes, mais ça ne s'est pas forcément vérifié sur place, toutes les personnes à qui on s'est adressé nous ont répondu sans soucis. Autre point curieux, ils n'ont quasiment aucun sens de la propreté : ils jettent leurs déchets sur la rue, ce qui crée des amoncellements de détritus (ça m'a choqué alors que je vis à México...). Par ailleurs, il n'y a strictement aucun supermarché. Je n'ai toujours pas compris comment ils achetaient leurs aliments, les seuls moyens que j'ai vu de se procurer de la nourriture sont les vendeurs de légumes dans la rue, et les boulangeries (bien que le pain soit rationné).

C'est à la mode de dire "il faut visiter Cuba maintenant, dans 10 ans ce sera plein de touristes!". C'est probablement vrai, même s'il y en a déjà un certain nombre. Par contre, il n'y a presque pas de jeunes touristes, plutôt des groupes organisés de retraités allemands ou français. Cuba est également le pays le plus sûr d'Amérique Centrale, bien qu'il n'y ait quasiment pas de présence policière. On peut se balader à n'importe quelle heure de la nuit, à n'importe quel endroit, il ne se passera rien, l'insécurité est inexistante. Internet n'existe quasiment pas non plus, ils ne connaissent pas la 3G. Il y a une ou deux places par ville (assez reconnaissables puisque que des dizaines de gens sont sur leur portable), qui permettent d'accéder au wifi, au moyen d'une petite carte qui se vend au black. C'est assez déroutant au début, ne serait-ce que pour s'orienter, mais on s'habitue vite et ce n'est pas si difficile. J'ai quand même acheté une carte pour envoyer un message ou deux dans la semaine à ma maman, celle-ci étant de nature plutôt anxieuse (mais je ne vous apprend rien là-dessus). 

Le premier jour, on a pris un ticket de bus qui nous permettait de faire le tour de la ville, d'en descendre et d'y remonter à notre guise. On est donc passé par la baie de Cuba, le Malecon, avant de descendre dans la Vieja Habana (la Vieille Havane), presque entièrement piétonne et assez bondée. C'est super agréable, puisque c'est une zone piétonne, avec de la musique partout, et des gens (touristes et Cubains confondus) qui fument leur cigare et boivent leur mojitos, des fresques et des tags à la gloire du Che Guevara ou de Fidel Castro de toute part. On a ensuite décidé d'aller visiter le Musée de la Révolution, qui s'est révélé être un véritable musée de la propagande. Ils y ont regroupé les détails les plus insignifiants de la vie de ceux qui ont participé à la révolution cubaine ("la fourchette avec laquelle mangeait untel lors de son séjour en prison", "clé de la serrure de la chambre d'untel", véridique!). Tout est très sommaire : pas de grands panneaux explicatifs traduits en anglais, seulement des feuilles A4 punaisées au mur avec des explications écrites en noir sur fond blanc. Ensuite, on trouve une succession de salles, avec tous les bienfaits du régime cubain : "regardez, nous avons le meilleur système de santé du monde", "les Cubains sont tous sportifs", "notre système d'éducation est si performant" (on s'éloigne un peu du thème du musée non?). Et le meilleur pour la fin, la salle qui décrit toutes les atrocités perpétrées par les méchants Américains, avec le "mur des crétins", qui représente notamment Bush fils avec une croix gammée sur la tête. 

On est revenus à La Havane le dernier jour, pour prendre notre vol retour. On s'est principalement baladé sur le Malecon, plus accessible qu'une semaine auparavant, la mer étant plus clémente. J'ai pas mal discuté avec un Cubain, en regardant le coucher de soleil sur la baie de La Havane. J'ai remarqué qu'il lorgnait pas mal sur un de mes bracelets que j'avais acheté au Chiapas, et il a fini par me demander si je voulais bien lui donner. Je lui ai répondu que c'était un souvenir que je venais de m'acheter, mais je lui ai proposé mes lunettes de soleil, qu'il m'a échangé contre un verre de rhum. C'est un côté assez perturbant des Cubains : tu ne sais jamais s'ils te parlent parce qu'ils sont gentils, ou s'ils le font dans l'espoir de recevoir quelque chose... Probablement un peu des deux... 

La Havane
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