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¿ Que tal guey ?

¿ Que tal guey ?

Petit suivi de mon année au Mexique

Creel

Vers midi, je suis donc arrivé à Creel, qui est un village de 5000 habitants, mais qui est tout de même la plus grande ville à 250 km à la ronde, avec même un aéroport en construction, c'est dire l'isolement de cette zone. D'après un habitant de la ville, 90% des gens vivent du tourisme, grâce à l'arrêt du Chepe, et les 10% restants vivent du bois, puisque c'est une zone de forêt. A peine une heure plus tard, j'étais dans une camionnette, en direction du sud. Après une dizaine de minutes, on s'est arrêtés sur le bord de la route, et on est allé voir une famille d'indigène Tarahumaras, qui ont la particularité de vivre dans des grottes, sans eau et sans électricité. Le gouvernement leur construit des maisons, mais ils ne les occupent pas et restent dans leur grotte. Le guide nous a dit que les enfants allaient à l'école, mais ça ne s'est pas vraiment vérifié, en semaine en pleine journée ils étaient dehors à demander quelques pesos aux touristes. Contrairement aux indigènes que nous avions vu dans le Chiapas, ceux-ci parlent espagnol et paraissent un peu plus intégrés à la modernité: a priori, certains partent de leur grotte pour aller vivre à la ville, les plus jeunes ont tendance à abandonner le style de vie traditionnel. Après avoir repris la camionnette, nous nous sommes arrêtés d'abord à un rocher en forme d'éléphant, avant d'aller jusqu'au lac d'Arareco. C'était impressionnant de calme, il n'y avait absolument personne à part des indigènes et des vaches. Vu la chaleur, je me serais bien baigné, mais ce n'était malheureusement pas possible...

Après avoir repris la camionnette, nous somme vraiment entrés sur un territoire indigène, où il a fallu payer un droit de passage, et nous avons fait 10 kilomètres en quasiment une heure sur une petite route de montagne, la route traversant des rivières. Ce parcours n'est pas possible après août et avant avril, puisqu'il pleut beaucoup plus. En juin, la végétation est très sèche, alors que la majeure partie de l'année c'est une région verte et pleine de cascades et de ruisseaux. Nous sommes ensuite sortis de la camionnette, et après 30 minutes de marche, on est arrivés à une cascade, pas très mouvementée puisque ce n'est pas la saison des pluies, mais avec un peu d'eau quand même. Tout au long du chemin pour y arriver, il y avait pleins d'indigènes qui vendaient de l'artisanat, et les enfants marchaient avec nous en nous montrant le chemin dans l'espoir de récolter quelques petites pièces. J'ai décidé de continuer à marcher et de prendre le chemin pour descendre au pied de la cascade. Une fois tout seul au milieu de la forêt, je me suis souvenu que le guide avait dit qu'il pouvait y avoir des pumas et des jaguars, mais heureusement je n'ai rien vu de tout ça... Dans tous les sites que j'ai visité, il n'y a aucune barrière, aucune consigne de sécurité: ils estiment que chacun doit se gérer et faire ce qu'il veut, en assumant les conséquences. L'arrêt suivant était un village d'une autre communauté indigène, avec cette fois-ci des vraies maisons et des vraies infrastructures. Nous n'avons pu rentrer que dans l'église, les autres bâtiments n'étant pas ouverts au public. La majorité des indigènes sont catholiques, mais comme aux Chiapas, ils mêlent la religion et leurs traditions. Du coup, les bancs étaient rangés contre le mur, avec un grand espace vide au milieu: c'est pour leur permettre de danser durant leurs cérémonies. Enfin, la dernière étape du tour était la "Vallée des Champignons", un espace rempli de rochers avec des formes de champignons, assez marrant mais sans grand intérêt. 

Le lendemain, départ à 9h du matin en direction des Barrancas del Cobre, "le canyon du cuivre", plus grand que le Grand Canyon des Etats-Unis. Après une heure de route dans les montagnes, nous sommes donc arrivés à El Divisadero, qui est un point de vue d'où on surplombe tout le canyon, et c'est vraiment impressionnant. Une nouvelle fois, c'était tout sec, mais en hiver il y a des cascades, et parfois de la neige. Il y a là plusieurs activités de proposées, de la via ferrata, des balades en quad, des tyroliennes,... Moi j'ai choisi de faire un parcours de 7 tyroliennes et 2 ponts suspendus, comprenant la plus grande et la plus rapide tyrolienne du monde (jusqu'à 150km/h si tu es très gros, moi j'ai du atteindre les 135 je pense). C'était vraiment génial, tu vas de montagne en montagne sur la tyrolienne, avec parfois 2km de vide sous les pieds. Une fois en bas, on remonte au point de départ par un téléphérique, qui passe une fois toutes les heures. On a eu de la chance, parce qu'il n'y avait pas d'ombre pour s'abriter en l'attendant, mais on il est arrivé très rapidement. 

On a aussi parlé un peu avec le guide, qui a grandi chez les indigènes Tarahumaras, mais qui est venu vivre à Creel et ne parle même plus couramment la langue des indigènes. J'ai trouvé super intéressant son discours sur les cartels. Dans les grandes villes, on a l'habitude d'entendre que c'est le plus grand souci du Mexique, que c'est la principale source de violence et qu'il faut les éradiquer au plus vite. Mais à Creel, le discours était totalement différent. Ils m'ont dit que la situation n'était pas optimale à l'époque où le cartel de Ciudad Juarez contrôlait la zone, mais que depuis l'éclatement des gros cartels en plusieurs petits, la situation est très bonne. Le guide m'a dit que tout le monde connaissait les narcos, leur disait bonjour dans la rue, et que cela ne dérangeait personne, que c'était une activité comme une autre. Au contraire, selon lui, ça permettait à des familles de vivre, et que les vrais ennemis du Mexique et des Mexicains sont au contraire le gouvernement et les politiques. 

Samedi 17 juin à midi, reprise du Chepe en direction du sud: la plupart des gens vont jusqu'au terminus de Los Mochis, mais moi je me suis arrêté un peu avant, à El Fuerte, dans le Sinaloa. En repartant de Creel, on pouvait observer un paysage montagneux, qui a changé au fur et à mesure que l'on descendait dans la vallée. Après des successions de ponts (impressionnant), de tunnels, nous sommes arrivés dans la vallée, en suivant le cours du Rio El Fuerte, en retrouvant une région bien plus verte que le Chihuahua, mais toujours aussi chaude (à l'heure où je vous parle, il fait 44 degrés et je n'ai pas la clim...). Le voyage s'est bien passé, j'ai retrouvé pas mal de gens que j'avais déjà vu dans la semaine (mes amis de 65 ans de Monterrey, un couple de médecins d'une quarantaine d'années de Cuernavaca,... Du coup si jamais je reviens au Mexique ils m'ont tous invité chez eux...). En milieu d'après-midi, je suis allé au wagon-bar pour prendre un café pour éviter de m'endormir et profiter du paysage, et de nouvelles personnes ont commencé à me parler: c'était toute une famille, une quinzaine de personnes au total, dont certains vivent à Los Angeles et d'autres à Guadalajara, qui m'ont parlé tout l'après-midi jusqu'à mon arrivée le soir, ont commandé des bouteilles de tequila, et à la fin l'ambiance était super bonne, à la mexicaine, en dansant et chantant au milieu du wagon...

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